Ne Laissons Pas Faire http://nlpf.samizdat.net/ Ne Laissons Pas Faire Your Site Has Been HackeD Sorry Admin But Your Site Is Not Secure ! French HaCkeR WaS HeRe fREE Palestine ISRAEL Stop Killing Innocent People in Palestine [ L'histoire de charly hebdo est un complot du gouvernement !!!] :2015 : 2016 fr SPIP - www.spip.net Ne Laissons Pas Faire http://nlpf.samizdat.net/local/cache-vignettes/L74xH100/siteon0-38e4a.jpg http://nlpf.samizdat.net/ 100 74 Ils furent des centaines. Seront-ils des milliers ? http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article60 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article60 2005-04-28T14:46:29Z text/html fr Joëlle Aubron Ensisheim, au dessus de la MC, 26 fév. 05 Le 26 février 2005, à Marseille et à Saint-Étienne, à Rennes et à Nîmes, à Barcelone et à Madrid, à Athènes encore, devant des préfectures, des palais de justice et bien sûr des prisons, il y eut des groupes de personnes pour exiger la libération des militants d'Action Directe. Certains entrèrent dans l'Agence France Presse comme à Athènes, d'autres dans le consulat comme à Barcelone. Très exactement à cette date, Georges (...) - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique22" rel="directory">95. NLPF-8 mai 2005</a> <div class='rss_texte'><dl class='spip_document_76 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'> <dt><a href="http://nlpf.samizdat.net/IMG/gif/NLPF-8-Fig3.gif" title='GIF - 24.5 ko' type="image/gif"><img src='http://nlpf.samizdat.net/local/cache-vignettes/L150xH112/NLPF-8-Fig3-s-b8b4a.gif' width='150' height='112' alt='GIF - 24.5 ko' style='height:112px;width:150px;' /></a></dt> <dt class='spip_doc_titre' style='width:150px;'><strong>Ensisheim, au dessus de la MC, 26 fév. 05</strong></dt> </dl> <p>Le 26 février 2005, à Marseille et à Saint-Étienne, à Rennes et à Nîmes, à Barcelone et à Madrid, à Athènes encore, devant des préfectures, des palais de justice et bien sûr des prisons, il y eut des groupes de personnes pour exiger la libération des militants d'Action Directe. Certains entrèrent dans l'Agence France Presse comme à Athènes, d'autres dans le consulat comme à Barcelone.</p> <p>Très exactement à cette date, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan terminaient la peine de sûreté prononcée contre nous lors de notre condamnation à la prison à perpétuité.</p> <p>Naturellement, les rassemblements les plus importants se sont tenus face et autour des prisons où sont incarcérés les camarades arrêtés en même temps que moi.</p> <p>Du froid glacial de Bapaume à la neige fondue de Nice, selon l'inspiration, les opportunités, il y eut des banderoles, des bombages, des drapeaux, des rouges, des rouges et noirs, des rouges et or, du rouge encore avec du bleu et du blanc parce que ce sont aussi les couleurs de Cuba, du rouge toujours avec du vert et du blanc pour les Basques.</p> <p>Histoire de faire bourgeonner les arbres avant l'heure, ils furent feuillus d'affiches et d'autocollants. Il y eut du bruit, des fusées, de la chanson mise en scène en plein air.</p> <p>Joëlle Aubron</p> <p>(1er mai 2005)</p></div> C'est une continuité, c'est un début http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article62 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article62 2005-04-28T14:45:25Z text/html fr Joëlle Aubron C'est une continuité, c'est un début. La continuation de la campagne pour nos libérations où il a d'abord fallu que de tout petits groupes de camarades et ami(e)s se fassent l'écho de la situation médicale où un accident vasculaire cérébral avait mis Nathalie. Ce faisant, nous sommes peu à peu sortis des oubliettes carcérales où avait réussi à nous reléguer les alternances droite-gauche des années 80 et 90 Depuis, de réunions en manifestations, de meetings en (...) - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique22" rel="directory">95. NLPF-8 mai 2005</a> <div class='rss_texte'><p>C'est une continuité, c'est un début. La continuation de la campagne pour nos libérations où il a d'abord fallu que de tout petits groupes de camarades et ami(e)s se fassent l'écho de la situation médicale où un accident vasculaire cérébral avait mis Nathalie. Ce faisant, nous sommes peu à peu sortis des oubliettes carcérales où avait réussi à nous reléguer les alternances droite-gauche des années 80 et 90</p> <p>Depuis, de réunions en manifestations, de meetings en concerts, la mobilisation n'a plus lâché. Aujourd'hui, son exigence est encore accrue de la fin de toutes les peines de sûreté. Ça suffit !</p> <p>Le monde médiatique peut s'esbaudir d'une société totalement changée. En vérité, ses fondamentaux sont enkystés et sous les dégâts de l'exploitation flamboient la misère et la guerre. Qui aujourd'hui conteste la réalité de l'impérialisme américain ? Qui aujourd'hui nie l'arrogance d'un patronat, voleur de vies ?</p> <p>Contre la guerre !</p> <p>Contre le capital ! »</p> <p>Joëlle Aubron (1er mai 2005)</p></div> Ils furent des centaines. Seront-ils des milliers ? http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article74 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article74 2005-04-27T22:00:00Z text/html fr Joëlle Aubron Ils furent des centaines. Seront-ils des milliers ? - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique11" rel="directory">05. Militant-e-s d'AD</a> <div class='rss_texte'><p><a href='http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article60' class='spip_in'>Ils furent des centaines. Seront-ils des milliers ? </a></p></div> C'est une continuité, c'est un début http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article75 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article75 2005-04-27T22:00:00Z text/html fr Joëlle Aubron C'est une continuité, c'est un début - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique11" rel="directory">05. Militant-e-s d'AD</a> <div class='rss_texte'><p><a href='http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article62' class='spip_in'>C'est une continuité, c'est un début</a></p></div> Jusqu'à quand ? (extrait de Franc-Tireur, bulletin d'information du SRA, déc. 2004) http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article14 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article14 2004-11-27T16:24:27Z text/html fr Joëlle Aubron <p>Joëlle Aubron, article paru dans Franc-Tireur, bulletin d'information du SRA, n° 16, décembre 2004</p> - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique11" rel="directory">05. Militant-e-s d'AD</a> <div class='rss_texte'><p><strong>Jusqu'à quand ?</strong></p> <p>Le 13 décembre est la date actuellement envisagée par la juridiction régionale compétente pour examiner la nouvelle demande de suspension de peine de Nathalie Ménigon, militante d'A.D emprisonnée. Ce sera sa troisième comparution devant cette cour. En faisant cette nouvelle démarche, Nathalie place l'Etat devant ses responsabilités.</p> <p>Cela fait 8 ans maintenant que, suite à un premier accident vasculaire cérébral, Nathalie fait, elle, face aux conséquences d'un tel accident (perte de mobilité, de la mémoire immédiate, diminution de la capacité de concentration, etc...). Pire, c'est seulement en 2002 que fut décelée la cicatrice d'au mois un second A.V.C. L'absence de suivi médical avait déjà causé un retard de plusieurs mois, il ne fut pas amélioré par la suite. Or le risque de récidive augmente avec l'enchaînement des A.V.C.</p> <p>Un A.V.C. peut tuer. Cependant, l'expérience de Nathalie avec les médecins experts l'amène à poser la question en terme d'état de santé durablement incompatible avec la détention. Soit la prison se révèle pour ce qu'elle est : l'espace de l'exclusion définitive jusqu'à ce que mort s'en suive ; soit elle est pensée et agie comme le prétendent ses promoteurs : un espace où l'accomplissement de la peine est seulement « la privation de liberté » comme l'affirma un certain Giscard d'Estaing suite aux révoltes carcérales de 1974.</p> <p>Nous savons l'hypocrisie de cette prétention. Nous savons de même que la situation ne nous est pas favorable, déjà seulement quant à l'application de la loi de mars 2002. A une seule exception près, il n'y a pas eu jusqu'ici de sortie de prison pour cause d'état de santé durablement incompatible avec la détention. Au contraire, puisque même en cas de pronostic vital engagé -qui est l'autre cas d'application de cette loi-, les recalés sont légions.</p> <p>Pourtant en juin 2004, grâce aux mobilisations, nous avons réussi à ce que les tenailles de l'exécuteur, Administration pénitentiaire, se desserrent : je suis sortie de ce C.D. où Nathalie subit actuellement le misérable acharnement de l'Etat vengeur.</p> <p>Parce que l'état de santé de Nathalie l'exige, parce que l'accomplissement de la peine pour nos camarades n'a que trop duré, la demande de Nathalie s'inscrit dans la perspective de la très prochaine fin de la période de sûreté. Ce sera en février pour Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan. Régis a, lui, terminé sa peine de sûreté depuis 6 ans.</p> <p>En attendant, le 11 décembre, le collectif NLPF donne rendez-vous à 11 h à la gare de Douai. Appellent également à ce rassemblement l'U.L de la CNT de Béthune, le collectif NLPF de Lilles, le S.R.I. de Belgique...</p> <p><i>« De qui dépend que les choses restent en l'état ? De nous</p> <p>De qui dépend que les choses changent ? De nous encore »...</i></p> <p>Joëlle Aubron, le 19 Novembre 2004</p> <p>Militante d'Action directe en suspension de peine</p> <p>Texte publié dans Franc-Tireur n° 16</p> <p><a href='http://solidarite.samizdat.net/' class='spip_out'>http://solidarite.samizdat.net</a>.</p></div> Communiqués du Front de libération des organes mal en point http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article22 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article22 2004-04-30T22:00:00Z text/html fr Joëlle Aubron Communiqué n° 1 (à tous les amies, amis et camarades qui se sont inquiétés pour moi) Le 2 avril, j'ai réintégré le Centre de détention de Bapaume. Dans une quinzaine de jours, commencera une suite de soins quotidiens sur une bonne quarantaine de jours. Pour l'heure, n'est pas encore établie la manière dont ils se dérouleront. Ils ne nécessitent pas d'hospitalisation en eux-mêmes. Néanmoins, même si ma qualité de prisonnière au long cours, étiquetée dangereuse qui (...) - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique17" rel="directory">96. NLPF-7 mai 2004</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_17 spip_documents spip_documents_left' style='float:left; width:150px;'> <img src='http://nlpf.samizdat.net/local/cache-vignettes/L150xH143/NLPF-7-Fg2p3-3706e.gif' width='150' height='143' alt="Toulouse, mars 2004" title="Toulouse, mars 2004" style='height:143px;width:150px;' /></span></p> <h3 class="spip">Communiqué n° 1</h3> <p>(à tous les amies, amis et camarades qui se sont inquiétés pour moi)</p> <p>Le 2 avril, j'ai réintégré le Centre de détention de Bapaume. Dans une quinzaine de jours, commencera une suite de soins quotidiens sur une bonne quarantaine de jours. Pour l'heure, n'est pas encore établie la manière dont ils se dérouleront. Ils ne nécessitent pas d'hospitalisation en eux-mêmes. Néanmoins, même si ma qualité de prisonnière au long cours, étiquetée dangereuse qui plus est, entraîne une nouvelle hospitalisation, je compte bien utiliser ces quinze jours pour la préparer. Non seulement j'ai l'énergie pour éviter que se reproduisent les conditions de la première hospitalisation, mais cette fois ma famille et mes proches n'auront pas à revivre les huit premiers jours de l'hospitalisation en urgence du 6 mars. Cela pour dire que je vais bien. Au moment où j'écris, je suis encore stressée par ces quatre dernières semaines, de la conscience de l'inquiétude brutalement suscitée et non résolue avant le 10 mars aux conditions mêmes d'une hospitalisation sous escorte policière. Pour autant, entourée par ma camarade Nathalie et par une camarade basque, Agurtzane, je sens déjà diminuer la tension. Je suis sereine pour aborder cette suite.</p> <p>Une fois encore, ce sont les mots amour et colère qui définissent le mieux mon état d'esprit. Dans le premier, les amours et les amitiés personnelles s'entrelacent avec l'élan initial de notre engagement pour une libération sociale, politique et culturelle du mode de production capitaliste. La seconde aussi joue ainsi sur les deux tableaux.</p> <p>Difficile de ne pas relier les conditions de cette hospitalisation, du black-out initial vis-à-vis de ma famille aux menottes m'attachant au lit en passant par une accumulation de consignes prétendument sécuritaires, à une perpétuation routinière par la machine étatique de sa politique à notre égard. L'État nous aime, le seul problème est qu'il a l'amour vache : il s'agit de nous garder encore et encore. Je le sais, nous le savons et c'est aussi contre cet acharnement que la colère sert d'armure dans l'adversité.</p> <p>Bref, j'espère que ce simili de communiqué vous aura dit l'essentiel : même menottée sur mon lit, encerclée dans un de ces no man's land dont les administrations répressives ont le secret, me protégeait la chaleur de vos amitiés et nos engagements communs pour changer de société et rendre l'avenir à l'humanité. Carrément !</p> <p>Joëlle Aubron, prisonnière d'Action directe, 4 avril 04</p> <hr class="spip" /> <h3 class="spip">Communiqué n°2</h3> <p>Décidément il y a du travail ! Du côté du cerveau, il y a de l'agitation maladive ; quand un symptôme est éradiqué, c'est une autre manifestation à l'origine incertaine qui se pointe. Des recherches sont en cours. Le cas est loin d'être désespéré, il est seulement un peu compliqué. En attendant, quelques administrations pavoisent, exerçant leurs pouvoirs sur les corps détenus ; toute honte bue d'en abuser autant. Le 8 avril, ma famille fut certes rapidement avertie par l'Administration pénitentiaire de ce que j'étais hospitalisée et ma camarade, Nathalie Ménigon, restée au Centre de détention, fut également informée de mon transfert au CHRU de Lille. Cependant, cette amélioration ne rompt pas avec la logique de mettre sous caisson isolant ayant caractérisé notre détention, quels qu'aient été les degrés dans sa pression. D'administration répressive en administration répressive, persiste le soucis d'étouffer nos vitalités en coupant dans nos liens affectifs et politiques. Avant même de quitter Bapaume, j'avais noté une recrudescence des rétentions abusives, voire des vols de courriers. Ainsi, depuis des mois, la direction du CD use et abuse de la censure ; mais en ce mois de mars 2004, elle a encore étendu l'exercice de ses décisions arbitraires. Ces jours-ci, elle a passé le relais. Le préfet est désormais aux manettes. Or, ce 13 avril, je fus informée qu'est caduc le dispositif qui, sur la fin de la précédente hospitalisation, me permit de commencer à rassurer autour de moi. Je ne suis même pas autorisée à adresser un fax à la direction du CD afin d'envisager une issue à cette situation comme je l'avais fait en mars. Est-ce sciemment ou par inadvertance que la Préfecture du Nord_Pas-de-Calais sabote le moral des corps détenus dont elle a la charge ? Qu'importe, l'effet est le même : le prétexte sécuritaire est une chape de plomb, lisse et pesant il engendre consigne sur consigne, sans état d'âme ou souvenir de conscience humaine... Mais cela a du bon. Cette arrogance éhontée alimente la composante colère. Et tant qu'il y a de la colère, l'amour envers les bâtisseurs d'un avenir humain porte la réalisation du futur : « Le monde va changer de base. »</p> <p>Nous repartirons à l'assaut du ciel. La vieille taupe creuse,</p> <p>Joëlle Aubron, prisonnière d'Action directe, avril 04</p></div> Communiqués du front de libération des organes mal en point http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article40 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article40 2004-04-30T22:00:00Z text/html fr Joëlle Aubron Communiqués du Front de libération des organes mal en point - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique11" rel="directory">05. Militant-e-s d'AD</a> <div class='rss_texte'><p><a href='http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article22' class='spip_in'>Communiqués du Front de libération des organes mal en point</a></p></div> Le président républicain nouveau est arrivé, et alors ? http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article41 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article41 2002-04-30T22:00:00Z text/html fr Joëlle Aubron Le président républicain nouveau est arrivé, et alors ? - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique11" rel="directory">05. Militant-e-s d'AD</a> <div class='rss_texte'><p><a href='http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article38' class='spip_in'>Le président républicain nouveau est arrivé, et alors ?</a></p></div> Le président républicain nouveau est arrivé, et alors ? http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article38 http://nlpf.samizdat.net/spip.php?article38 2002-04-30T22:00:00Z text/html fr Joëlle Aubron Le sort des urnes législatives est encore à tirer. Prophétie facile : il n'en surgira pas d'espace pour la réalisation de nos rêves. Jusqu'à la caricature, les récentes élections ont montré combien la démocratie bourgeoise a perdu de son talent. Pour autant que cette décrépitude ne date pas d'hier, I'histoire est quelque fois facétieuse ; un tel pic de profondeur précisément dans l'État-nation où l'imaginaire collectif a le plus abusé de sa vocation (...) - <a href="http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique19" rel="directory">98. NLPF-5 mai 2002</a> <div class='rss_texte'><p>Le sort des urnes législatives est encore à tirer. Prophétie facile : il n'en surgira pas d'espace pour la réalisation de nos rêves. Jusqu'à la caricature, les récentes élections ont montré combien la démocratie bourgeoise a perdu de son talent. Pour autant que cette décrépitude ne date pas d'hier, I'histoire est quelque fois facétieuse ; un tel pic de profondeur précisément dans l'État-nation où l'imaginaire collectif a le plus abusé de sa vocation universelle. Ces dernières années nous ont en effet habitués à ces shows "démocratiques", boudés toujours plus massivement par les consommateurs-citoyens dans les Etats impérialistes, soit dans ces formations économiques et sociales où les prédateurs se légitiment par excellence d'une œuvre civilisatrice au nom de cette même démocratie (1). Sa perte de substance croît sans discontinuer ; l'alliance fusionnelle entre une « classe » politique, issue de la démocratie représentative, et la classe détentrice des moyens de production réduit définitivement la démocratie parlementaire à un spectacle. Née des révolutions bourgeoises, ayant assis le pouvoir d'une minorité exploiteuse sur la majorité exploitée, elle a déchiré ses oripeaux démocratiques. Ce n'est certes pas la première fois qu'une crise générale du régime s'exprime en un tel dépouillement. Pour autant une telle retranscription de la crise du politique, simultanée dans différents « cœurs de la bête » (2), n'a jamais été atteinte. Au-delà des nuances dans son expression, elle s'inscrit comme une globalisation du processus de fascisation.</p> <p>A la veille du 1er mai, le tribunal de Grande Instance de Paris examinait la plainte contre la convention de l'assurance-chômage dit PARE déposée par les associations de chômeurs et de précaires. Ces associations dénoncent la nature autoritaire et culpabilisante de ce PARE issue de l'alliance entre la CFDT et le MEDEF. Au-delà d'une éventuelle décision judiciaire, le jugement ayant été mis en délibéré, l'important reste ce que le PARE nous dit de ce processus.</p> <p>Cette fascisation ne se définit pas comme une « lepénisation des esprits ». Déjà par réflexe devant son auteur ; la formule renvoie aux « solutions » perpétuant dangereusement le système ; à un Fabius et son « Le Pen pose les bonnes questions mais y apporte de mauvaises réponses » en 1984 déjà. En effet, la fascisation vient de bien plus profond. Elle est le produit de l'interaction entre un niveau exceptionnel de monopolisation des pouvoirs militaire, économique et politique et la soumission à ce totalitarisme soft où les perdants et les vaincus seraient condamnés à penser dans les catégories des exploiteurs. « Nous vivons aujourd'hui dans un monde d'énormes injustices et où, pourtant, se développe dans le discours des théoriciens et des hommes politiques une tendance à dire qu'il faut s'habituer à ces injustices. Le néolibéralisme [...] tient ce discours, destiné à convaincre le grand nombre qu'il faudrait accepter un tel monde, accepter les souffrances continuelles subies par une large partie de la population mondiale. [...] il n'y aurait pas d'alternative à la soumission à l'impérialisme » (3). Ainsi, c'est en partie dans cette interaction que le national-populisme d'un Le Pen, comme ceux de ses confrères européens trouvent un étal pour vendre leurs potions magiques. Si ceux-là agissent à la nostalgie du régime d'autorité des fascismes de l'entre-deux-guerres, la concentration de pouvoir atteinte par la bourgeoisie agit elle déjà.</p> <p>Et, quel que soit le lapin qui sortira des élections législatives, c'est bien cette fascisation à laquelle nous faisons face. A l'œuvre depuis plusieurs décennies (4) elle a désormais trouvé une nouvelle qualité d'expression. La « croisade contre le terrorisme » a donné, à la bourgeoisie transatlantique, la base de propagande pour imposer plus brutalement et plus rapidement ses objectifs (5). Parfois en renâclant, le plus souvent en bonne intelligence de son intérêt, sa composante ouest-européenne relaie l'omnipotence US. C'est ce qu'illustre le comportement velléitaire de l'Union Européenne vis-à-vis de l'Etat sioniste. Ses investissements dans l'Autorité Palestinienne sont réduits à néant, sur un plan géostratégique, elle est en première ligne pour encaisser des retours de boomerang suite à cette déstabilisation toujours plus accentuée de la zone méditerranéenne et moyen-orientale, ... mais aucun de ces inconvénients ne pèse le poids de ses stock-options dans la globalisation.</p> <p>Le parallèle entre les exactions de l'armée israélienne contre le peuple palestinien et ce processus de fascisation ne s'arrête cependant pas là. Les agissements sécuritaires d'un Sharon s'inscrivent dans la même profonde dégradation des conditions de vie des exploités dans l'Etat sioniste qu'ici celle d'un Chirac ou de I'ex-candidat Jospin. Partout, le bond en avant des appareils répressifs accompagne la militarisation de la politique extérieure des centres impérialistes et de leurs associés. Partout, la même logique, version globale de la définition fasciste de la politique, explicitement formulée par Bush : qui n'est pas avec nous est contre nous a rarement été aussi opérante la formule selon laquelle « celui qui ne veut pas parler de l'impérialisme devrait aussi se taire en ce qui concerne le fascisme ».</p> <p>Les monopoles financiers et productifs déclinent le programme de leurs impératifs. Imposant de nouveaux procédés de travail dans l'usine comme au bureau, déployant la précarité aggravant les conditions salariales, ils accaparent toujours plus le fruit du travail et des misères des prolétaires. Issus d'une offensive générale de la bourgeoisie monopoliste, de nouveaux rapports de production et de nouvelles conditions à leur reproduction (6) leur promettent une hausse durable du taux de profit. Mais cette hausse, dont ils ont perpétuellement besoin pour contrer la baisse tendancielle du taux de profit, ne peut pas se faire toute seule. La fonction du militarisme dans cette perpétuation saute aux yeux.</p> <p>Devant un tel programme, avoué ou inavoué, ce n'est pas tout à fait un hasard si, par la grâce des urnes, tombe le masque de la démocratie formelle. Pour aléatoires que soient les comparaisons historiques, la collaboration ouest-européenne à cette stratégie fait penser à Pétain devant Hitler. Aussi ligoté que le premier dans le champ de la politique étrangère où s'exerce l'hégémonie US, les dirigeants des Etats européens se concentrent sur la guerre contre "l'ennemi intérieur".</p> <p>L'étranger, bien sûr, ceux et celles venus de toutes les périphéries, des Trois Continents, des espaces de relégation sociale et économique. La figure du traître intime, indispensable comparse, est un brouillon ; ses contours sont flous. Pour autant, son moyen d'action a déjà un nom : terrorisme. Je ne reviendrai pas ici sur le décalage flagrant entre l'utilisation intensive du mot et son absence de véritable definition (7). Juste, je noterai combien cette disproportion entre utilisation et sens est un effet, devenu cause, du monopole de la terreur ; ses détenteurs déterminent qui est la victime et qui est le coupable. Un décalage ayant en lui-même une fonction propagandiste. Le matraquage intensif est d'autant plus efficace qu'il désigne un brouillard, une nébuleuse, contribuant à la consolidation de l'idéologie dominante.</p> <p>Le Ministère de la peur peut amplifier encore son action ; indéfini et multiple, I'ennemi désigné le hante. L'un des principes du fameux « Etat de droit » se dilue ; il ne s'agit plus de poursuivre et condamner en fonction d'actes délictueux supposés. Le soupçon d'une contribution idéologique, d'une fraternité de pensées et d'intentions politiques suffit. La Ley de Partidos, en cours de préparatifs (8) dans l'Etat espagnol est un bon exemple de procédé. En dépit d'efforts constants (avec leur lot d'arrestations, de tortures, d'incarcérations dans les quartiers d'isolement), le cadre législatif et judiciaire dans cet Etat n'a jusqu'ici pas permis d'éliminer du paysage 15% de l'électorat dans les provinces basques. Aussi cette loi institue-t-elle l'illégalité d'une aspiration s'exprimant sous la forme même requise par les règles de la démocratie formelle. Mais puisque c'est l'aspiration elle-même qu'il s'agit d'éradiquer, c'est donc l'ensemble des structures faisant vivre et élaborant cette aspiration qu'il s'agit de détruire. L'ouvrage, visant à soumettre et terroriser l'ensemble d'une société, est certes sur le métier depuis des années ; cependant, ces derniers mois, il a acquis une nouvelle qualité totalisante. Dans I'espace, par son extension automatique dans un espace judiciaire européen consolidé, et en profondeur, par le biais des divers additifs et compléments adoptés dans les Etats de l'Union Européenne après les attentats du 11 septembre.</p> <p>Deux exemples, la procédure (9) contre Segi, organisation récemment née de l'illégalisation (10) d'une précédente organisation légale de la jeunesse abertzale, et celle contre Gestora Pro Amnistia, organismes populaires existant depuis 1976 et ayant pour objectifs et actions de dénoncer la répression, la torture, et d'exprimer aide et solidarité aux prisonniers basques emprisonnés dans l'Etat espagnol :</p> <p>Comme d'autres associations, Segi est la résultante d'un travail de discussions et convergences entre les structures agissant des deux côtés de la frontière qui balafre Euskal Herria. Courant mars, des mandats d'arrêt ont été lancés contre 10 ressortissants « français ». Leur délit ? Uniquement être membres de Segi et s'activer avec de nombreux autres en son sein, à développer auprès de la jeunesse l'alternative d'indépendance et de socialisme dont elle se revendique. Pour l'heure, I'Etat français n'a néanmoins pas encore opté pour l'incarcération de militants de Segi.</p> <p>Ce n'est pas le cas pour Gestora pro Amnistia. Le 3 décembre, Juan Mari Olano était arrêté au Pays Basque Nord. Le 8 mars, I'exposition des motifs présentés à la « justice » française par l'Audiencia National s'est signalée par son inconsistance ; pas de faits, pas de dates, pas de lieux qui puissent justifier I'accusation selon laquelle l'appartenance de Juan Mari Olano à Gestora pro Amnistia en ferait un acteur d'ETA. Même la visibilité acquise par ce vide n'a pas permis la mise en liberté de Juan Mari Olano. Il croupit depuis 5 mois dans les geôles de la République.</p> <p>Sortant de cette farce judiciaire, un des observateurs s'est indigné : « C'est une honte ! C'est ça la démocratie ? Une honte ! » Le constat reste défensif. Comme un certain antifascisme et le citoyenisme mondialisé, à quoi sert de toujours courir derrière la brutalité ? A quoi sert de s'essouffler à dénoncer une résiliation arbitraire des règles (de droits ou de principes moraux) par les metteurs en scène du spectacle aliénant ? La défense comme l'amélioration en soi de la démocratie formelle sont condamnées à alimenter la mixture immonde.</p> <p>Réfuter l'impuissance mise ainsi en scène exige une rupture dans les têtes et dans l'agir. Cela passe par la combinaison des multiples revendications et aspirations. A la globalisation économiste, opposons notre compréhension globale des luttes, des résistances et des aspirations :</p> <p>Notre antifascisme, c'est en finir avec l'impérialisme.</p> <p>Notre anti-impérialisme, c'est agir à la solidarité constructive avec les peuples élaborant leur avenir.</p> <p>Notre avenir, c'est, en luttant contre le capitalisme, construire les alternatives à la hauteur de nos besoins et de nos rêves.</p> <p>Joëlle Aubron, prisonnière d'Action Directe, mai 2002</p> <p>1. Pour ceux qui auraient la mémoire décidément trop courte, quelques lignes d'un texte que Jean Marc, Nathalie et moi diffusions en juin 1998 à l'occasion de la journée des prisonniers révolutionnaires : (...) il s'agissait de retrouver les « valeurs de la république » et autre citoyenneté perdues dans le maëlstrom de la mondialisation. Comme si ces mots pouvaient encore être déliés du sens que leur a donné et leur donne encore le masque de la dictature bourgeoise depuis 150 ans. Lavés du sang des crimes coloniaux commis au nom de ces mêmes valeurs, nettoyés des cadavres des ouvriers de juin 1848, des communards, des insurgés de toutes couleurs qui avaient osé ne pas reconnaître les bienfaits de « la civilisation française » (...). Ben voui, ce texte traitant de la « fausse alternative entre néo-libéralisme et néo-réformisme » et de la nécessité d'en sortir, évoquait déjà la vacuité d'un antifascisme sans contenu politique. Et s'il s'agissait là d'un contexte français, ces derniers mois Bush and Co ont particulièrement bien éclairé le négationnisme d'une identification à la civilisation occidentale.</p> <p>2. Ainsi, contrairement aux commentaires communs de ces dernières semaines sur cette crise, la présence d'une extrême droite s'assumant comme telle, n'en est pas l'expression unique ou même par excellence. Entre les taux atteints par d'autres nationaux populistes ailleurs dans l'union Européenne, et surtout les alternatives de « choix » proposées aux électeurs dans d'autres pays européens ou aux USA, il y a de quoi affirmer la prégnance de cette crise.</p> <p>3. Isabel Monal, philosophe cubaine, lors d'une table ronde post Mannathan « Des intellectuels face au 11 septembre » organisée dans le cadre du congrès Marx International III, le 29/09/2001.</p> <p>4. « ... Comme au niveau politique, dans la concentration et la centralisation des pouvoirs, la dissimulation de ces pouvoirs réels grâce à l'aggravation des pouvoirs représentatifs dissimulatioires, avec la technocratie et son autoritarisme, le spectacle de la politique politicienne et le tumulte permanent des média... ». Extrait du passage « Processus de fascisation » dans un texte « La question révolutionnaire aujourd'hui » à l'occasion de notre procès de Mai 94.</p> <p>5. Dans son article du Monde Diplomatique de mai 2002, Serge Halimi pointe plutôt bien le complexe des contraintes matérielles et subjectives à l'œuvre dans ces nouveaux rapports de production ; ou plus exactement, celui qui concerne les « bienheureux » ayant trouvé à vendre leur force de travail.</p> <p>6. Dans un interview radiophonique du 25 septembre, le rédacteur en chef du Wall Street Journal expliquait les tâches de la nouvelle politique de guerre : en se défendant du terrorisme il s'agit de faire succéder une globalisation politique à la globalisation économique.</p> <p>7. Serait-ce seulement parce que je l'ai évoqué dans deux textes récents : Hey camarades, c'est quand qu'on va où ?, Ha c'qui fait bon se congratuler !, respectivement novembre 2001 et février 2002.</p> <p>8. Au 1er mai douze membres de Batasuna étaient arrêtés sans que le ministère de l'intérieur du gouvernement Aznar ne puisse avancer d'accusations pour un quelconque délit constitué.</p> <p>9. En fait de procédure, soyons clair, les mandats d'arrêt sont lancés dans l'espace judiciaire européen avant même que le délit n'ait été identifié ; cf. le recours de Segi du 1 février 2002 auprès de la cours européenne des droits de l'homme pour son inscription dès le 27/12/01 dans la liste des organisations « terroristes » émise par le conseil européen ; c'est seulement en mars 2002 que Segi fut illégalisée.</p> <p>10. Terme issu de la pratique judiciaire espagnol de ces dernières années. Un simple coup de crayon de la part d'un juge d'instruction du tribunal d'exemption l'Audencia nacional, suffit a décréter illégale une quelconque structure de cette gauche Abertzale. Ces illégalisations ont pour principes de décréter illégal, voire de rafler et incarcérer pour plusieurs mois. Le plus souvent, elle ne débouche ni sur des condamnations ni même sur un procès. Il s'agit seulement d'intimider et de détruire des espaces de culture, de résistance et de vie. Voir à ce sujet, par exemple, les articles dans Courrant Alternatif de mars et KEH de février, ou encore le bulletin d'ABC-Dijon de mars.</p></div>